Langage Plus

Les objets sont plus proches qu’ils ne paraissent
Les objets sont plus proches qu’ils ne paraissent
Ramona Pœnaru
31 mars au 15 mai 2005
Vernissage le dimanche 15 mai 17 h

Description

Ramona Pœnaru est la troisième artiste que nous avons reçue à Langage Plus dans le cadre de nos échanges triennaux d’artistes en résidences convenus avec l’Agence Culturelle et le Fonds Régional en Art Contemporain d’Alsace. D’origine roumaine, l’artiste vit et travaille à Strasbourg.

 

« Le travail que je présente au Centre d’artiste Langage Plus parle d’habitation, de langue, de mémoire, constante qui m’ont frappée dès mon arrivée à Montréal et qui sont restées tout au long de mon séjour à Alma. La mémoire comme forme de résistance, la langue comme territoire de refuge, comme espace habité. Il s’agira aussi de mémoire fictive et de perception à plusieurs niveaux, car c’est cette attitude-là qui s’est imposée à moi dans la récolte quotidienne d’images photographiques, initiée dès le premier jour. Ceci a été plus une manière de sonder la ville qu’un travail en soi, un outil plus qu’un résultat. Les photos présentées sur le site web de Langage Plus, au fur et à mesure de mes déambulations dans la ville, invitaient le spectateur à regarder avec mes yeux, à aller à l’envers de la perception habituelle, de l’appartement petit détail vers l’ensemble, en passant d’une réalité à une autre. J’ai abordé l’espace de Langage Plus comme lieu d’une résidence temporaire. J’ai imaginé plusieurs manières de l’habiter, en prenant en compte des éléments qui lui étaient spécifiques ou alors qui le rapprochaient d’autres lieux que j’ai pu visiter ou occuper ici. En grec, « pneuma » veut dire aussi âme et je me suis dit que le souffle présent dans toutes les maisons au Québec était porteur d’une autre réalité lui aussi. De ce dialogue est née une installation « pneumatique » apparemment fragile (encore à l’état d’envie à l’heure où j’écris), qui conjugue image, habitation, parole. Le spectateur sera invité à y déambuler – sa présence va habiter et nourrir le lieu. Sans préméditation, je relie finalement cette pièce à un travail en cours depuis plusieurs années, qui aborde la question de l’habitation comme manière d’être au monde. Étranches d’appartements est le titre générique de ce projet qui a commencé par la mise en scène de mon propre logement sous la forme d’une occupation audio-visuelle dans une galerie d’art Au fond du couloir, à droite (visite guidée d’atelier fictif), Strasbourg, 2002. Ensuite, La Maison (une chorégraphie domestique), Strasbourg 2004, projet qui a impliqué les habitants d’un quartier strasbourgeois dans un tournage dans leur appartement, le résultat étant une mosaïque vidéo destinée à être projetée à l’extérieur sur un immeuble de ce même quartier. Le troisième projet s’est déroulé à Bucarest, en Roumanie. Il devait donner la parole aux habitants d’un bloc pour réaliser une construction audiovisuelle. Mon pays, la Roumanie, porte encore les stigmates d’une période trop récente et trop douloureuse qui enferme les gens dans une susceptibilité insurmontable. J’en suis restée au niveau des façades et je présente quelques-unes de ces images sous le titre Peau de Bloc dans l’espace adjacent à Langage Plus, mis à ma disposition gracieusement par Desjardins. »

Photos