Nous sommes tou•te•s signaux, Amélie Brindamour. Crédit : Caravansérail, Fanny Basque.

Caravansérail, Fanny Basque.

Nous sommes tou·te·s signaux

Amélie BRINDAMOUR (Montréal)

Exposition

Du 24 avril 2026 au 28 juin 2026

Salle principale

Vernisage le 24 avril 2026, 17:00

« Demander à l’homme [ou au genre humain] ce que signifie être-au-monde… signifie reproduire une image extrêmement partielle du cosmos. »1

Nous sommes tou·te·s signaux est un projet explorant le phénomène de bioluminescence chez divers organismes vivants, tels que les animaux marins, les champignons et les insectes. Les trois installations interactives faisant partie de l’exposition intègrent des biomatériaux – du mycélium de reishi et du bioplastique à base d’agar – ainsi que de la résine à des composantes électroniques. Par le biais de circuits analogiques relativement simples comportant des capteurs connectés à des microcontrôleurs, l’exposition adopte une posture slow-tech qui évoque une certaine poésie. À travers différents capteurs – de rythme cardiaque, de tonalités sonores et de proximité – les interactions génèrent une réflexion sur l’interconnexion au vivant, les formes de communication alternatives et les systèmes intelligents présents dans la nature. 

Les signaux vocaux et graphiques basés sur le langage occupent une place prépondérante dans nos sociétés. Pourtant, les autres agent·e·s vivant·e·s transmettent également des signaux qui leurs sont propres sans que nous en ayons pleinement conscience : lumière, sons, influx biochimiques, etc. Quels autres signaux notre perception humaine limitée nous empêche-t-elle de capter, et qu’arriverait-il si nous pouvions apprendre à interagir avec ceux-ci?

Le phénomène de bioluminescence a longtemps fasciné la culture populaire, où l’aptitude à briller de personnages comme les dieux·déesses, anges, fées, saint·e·s et djinns était perçue comme une manifestation de pouvoirs divins ou surnaturels. Bien que, de nos jours, de nombreuses recherches scientifiques permettent de mieux comprendre ces mécanismes d’émission de lumière, les raisons pour lesquelles ils se produisent sont encore dans plusieurs cas hypothétiques. La peau humaine émet également de la lumière par bioluminescence, mais en si petite quantité qu’il est nécessaire d’employer des appareils photographiques extrêmement sensibles pour la percevoir2

Nous sommes tou·te·s signaux cherche à activer l’imaginaire, à transformer le regard anthropocentrique qui positionne l’humain·e en situation de supériorité vis-à-vis des autres espèces et à encourager une plus grande sensibilité aux signaux transmis par les agent·e·s vivant·e·s dans notre environnement.

1 Emanuele Coccia, La vie des plantes, 2018
2 Casey H, DiBerardino I, Bonzanni M, Rouleau N, Murugan NJ, Exploring ultraweak photon emissions as optical markers of brain activity, iScience, 2025; 28


L’artiste remercie l’autrice et chercheuse en art contemporain Mirna Abiad-Boyadjian, qui a mentionné, lors d’une discussion informelle, le titre du projet. Ce projet a été réalisé dans le cadre de plusieurs résidences, soit au Speculative Life BioLab de l’Institut Milieux de Concordia, au centre d’artistes Eastern Bloc, à la Maison des métiers d’art de Québec et dans le cadre du programme Sociochimie du Cégep de Rivière-du-Loup. L’artiste aimerait remercier les membres du Fablab Fabbulle de Rivière-du-Loup, Jérôme Bouchard, Pierre-Étienne Petit, Xavier-Thomas Guimont et Maxime Dupont, qui ont contribué à la programmation des microcontrôleurs Arduino et à la conception des boîtes lumineuses. Un merci spécial au designer Théo Chauvirey qui a agi en tant que mentor lors de l’apprentissage de la culture de mycélium, ainsi qu’à la technicienne du laboratoire du programme de Biologie du Cégep de Rivière-du-Loup, Vanessa Blier, pour le support technique lors de la conception des cercles en mycélium. Merci à l’équipe du Centre d’artistes Langage Plus pour l’accompagnement dans la présentation de cette exposition. 

Le projet bénéficie du soutien financier du Conseil des arts et des lettres du Québec pour sa conception et sa circulation. 


Ce projet explore la bioluminescence comme mode de communication du vivant. À travers trois installations interactives combinant biomatériaux et technologies, l’artiste capte et traduit des signaux (sonores, biologiques, tactiles) en expériences sensibles. En décentrant le regard anthropocentrique, elle invite à percevoir d’autres formes de langage et à envisager une relation plus attentive et égalitaire avec les autres espèces.

L’ARTISTE

Artiste basée à Montréal, Amélie Brindamour a présenté ses œuvres au Québec et à l’international, notamment au Musée du Bas-Saint-Laurent et à la Science Gallery Melbourne. Elle détient un baccalauréat en arts visuels et une maîtrise en enseignement des arts de l’Université Concordia. Son parcours est marqué par de nombreuses résidences et d’un projet d’intégration en art public (ou l’enlever, car seulement un), témoignant d’une pratique à la fois engagée, expérimentale et en dialogue constant avec les enjeux actuels.

Crédit photo : Philip Robbins, 2024.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

La pratique d’Amélie Brindamour s’inscrit à l’intersection de l’art, de la science et de l’écologie. Par la sculpture, l’installation et l’art électronique, elle explore les systèmes du vivant et les relations interespèces, en intégrant des biomatériaux comme le mycélium et le bioplastique. Ses œuvres, souvent interactives, vise à reconfigurer notre compréhension des réseaux qui nous entourent ainsi que les modes de communication alternatifs. Sa recherche, nourrie autant par des recueils scientifiques que de science-fiction, révèle les formes d’intelligence présentes dans la nature et interrogent les dynamiques de pouvoir.


ENG version

Nous sommes tou·te·s signaux

“To ask the human being [or humankind] what it means to be-in-the-world… is to reproduce an extremely partial image of the cosmos.”¹

Nous sommes tou•te•s signaux is a project exploring the phenomenon of bioluminescence in various living organisms, such as marine animals, fungi, and insects. The three interactive installations that make up the exhibition incorporate biomaterials, reishi mycelium and agar-based bioplastic, as well as resin combined with electronic components. Through relatively simple analog circuits featuring sensors connected to microcontrollers, the exhibition adopts a slow-tech approach that evokes a certain poetic quality. Using different types of sensors—heart rate, sound frequencies, and proximity—the interactions generate a reflection on interconnectedness with the living world, alternative forms of communication, and intelligent systems present in nature.

Language-based vocal and graphic signals occupy a predominant place in our societies. Yet other living agents also transmit signals of their own without our full awareness: light, sound, biochemical impulses, and so on. What other signals does our limited human perception prevent us from detecting, and what would happen if we could learn to interact with them?

The phenomenon of bioluminescence has long fascinated popular culture, where the ability to glow in figures such as gods and goddesses, angels, fairies, saints, and djinn was perceived as a manifestation of divine or supernatural power. Although today numerous scientific studies have made it possible to better understand these light-emitting mechanisms, the reasons why they occur remain, in many cases, hypothetical. Human skin also emits light through bioluminescence, but in such minute quantities that extremely sensitive photographic equipment is required to detect it².

We Are All Signals seeks to activate the imagination, to transform the anthropocentric gaze that positions humans as superior to other species, and to encourage greater sensitivity to the signals transmitted by living agents in our environment.

¹ Emanuele Coccia, The Life of Plants, 2018
² Casey H, DiBerardino I, Bonzanni M, Rouleau N, Murugan NJ, “Exploring ultraweak photon emissions as optical markers of brain activity,” iScience, 2025; 28


The artist would also like to thank the members of the Fablab Fabbulle in Rivière-du-Loup, Jérôme Bouchard, Pierre-Étienne Petit, Xavier-Thomas Guimont, and Maxime Dupont, who contributed to the programming of the Arduino microcontrollers and to the design of the light boxes. Special thanks go to designer Théo Chauvirey, who acted as a mentor during the learning process of mycelium cultivation, as well as to Vanessa Blier, laboratory technician for the Biology program at the Cégep de Rivière-du-Loup, for her technical support in the design of the mycelium circles.

Thanks are also extended to the team at the artist-run centre Langage Plus for their support in presenting this exhibition.

This project received financial support from the Conseil des arts et des lettres du Québec for its development and circulation.

THE ARTIST

Based in Montreal, Amélie Brindamour has presented her work in Quebec and internationally, notably at the Musée du Bas-Saint-Laurent and the Science Gallery Melbourne. She holds a Bachelor’s degree in Visual Arts and a Master’s degree in Art Education from Concordia University. Her trajectory includes numerous residencies and a public art integration project, reflecting a practice that is at once engaged, experimental, and in constant dialogue with current issues.

ARTISTIC APPROACH

Amélie Brindamour’s practice lies at the intersection of art, science, and ecology. Through sculpture, installation, and electronic art, she explores living systems and interspecies relationships, incorporating biomaterials such as mycelium and bioplastic. Her works, often interactive, aim to reconfigure our understanding of the networks that surround us as well as alternative modes of communication. Her research, informed as much by scientific literature as by science fiction, reveals forms of intelligence present in nature and questions power dynamics.

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